La criminalité prend un nouveau visage en France, un visage de plus en plus technologique et violent. Dans la nuit du 3 au 4 février 2026, la tranquillité de la commune de Saint-Martin-le-Vinoux, en Isère, a été brutalement rompue. Un groupe d'individus organisés a fait irruption au domicile d'une magistrate de 35 ans pour l'enlever, ainsi que sa mère âgée de 66 ans. La cible réelle n'était autre que son époux, un entrepreneur lyonnais spécialisé dans la gestion de portefeuilles et l'achat-revente de crypto-actifs, qui était absent au moment des faits.
Comment s'est déroulé cet enlèvement digne d'un film d'action ?
L'opération a été menée avec une précision militaire et une violence caractérisée. Le commando a d'abord défoncé la porte du domicile avant de s'emparer des deux femmes en l'espace de quelques minutes à peine. La magistrate a été contrainte de monter dans le coffre d'une voiture, marquant le début d'un calvaire de plus de 30 heures. Cette attaque ciblée démontre une préparation minutieuse, où les criminels avaient clairement identifié leur proie en raison de ses liens avec l'industrie des actifs numériques.
Les victimes ont ensuite été transportées à une centaine de kilomètres de là, dans un modeste box-garage à Bourg-lès-Valence, dans la Drôme. C'est depuis ce lieu de séquestration que les ravisseurs ont contacté la famille pour formuler leur exigence : une rançon considérable, dont le paiement était exigé sous une forme bien précise de devise, plongeant la famille dans l'angoisse la plus totale.
Quelle était la nature de la demande et comment les otages ont-elles été libérées ?
Les ravisseurs ont réclamé l'équivalent de plus de 1,6 million d’euros, une somme qui devait impérativement être versée sous forme de bitcoin. Cette méthode de paiement, bien que traçable sur la blockchain, offre un certain anonymat aux criminels lors des transactions initiales. Le choix du bitcoin confirme que l'opération était entièrement motivée par les activités professionnelles du mari de la magistrate. La demande de paiement en crypto-actifs est une tendance croissante dans ce type de crime.
Leur libération ne viendra cependant pas du versement de la somme, mais d'un coup de chance providentiel. Après plus d'une journée de captivité, les deux femmes ont réussi à attirer l'attention d'un retraité qui passait près du garage. Alerté par le bruit, ce dernier a ouvert le box et a découvert les otages, qui portaient des traces de coups. Il a immédiatement prévenu les secours, mettant fin à leur séquestration. Les deux victimes ont été prises en charge et hospitalisées.
Ce type d'agression est-il un phénomène isolé en France ?
Loin d'être un cas unique, cet enlèvement s'inscrit dans une série noire qui touche l'écosystème des cryptomonnaies en France. Entre janvier et février 2026 seulement, plus d'une vingtaine d'agressions similaires ont été recensées sur le territoire. Dans la nuit du 14 au 15 janvier, un couple de retraités avait été séquestré à son domicile par des malfaiteurs cherchant à dérober leurs économies numériques. Fin janvier, c'est le père d'un autre investisseur qui avait été kidnappé, avec une demande s'élevant à 3 millions d'euros, également en Bitcoin. Les détenteurs d'actifs numériques sont devenus des cibles de choix pour le grand banditisme.
Cette escalade de la violence a poussé les professionnels du secteur à réclamer une meilleure protection. S'appuyant sur un décret d'août 2025, près de 40 000 dirigeants d'entreprises liées aux monnaies virtuelles ont demandé à l'État d'anonymiser leur adresse de résidence sur les documents publics. Cette mesure vise à les protéger, eux et leurs familles, d'agressions qui transforment la richesse numérique en un danger physique bien réel.